Oeuvre Avena niveriensis ou
La biodiversité qui fait le paysage
Cette fleur voudrait raconter l’histoire de la
biodiversité qui fait le paysage. Paysage modelé par
l’être humain, et principalement par les agriculteurs.
Le paysage qui devient un ensemble d’objets, agencés
dans l’espace, et qui résulte des aménagements et des
pratiques de production successifs mis en œuvre.
Le paysage ne peut être réduit à sa seule valeur
économique, ou utilitaire pour nourrir, vêtir, abriter,
chauffer l’être humain, il contient cette biodiversité
qui le fait exister.
Tous ces être vivants (y compris les bactéries),
constituent le paysage, sans rentabilité directe pour
l’être humain, leur seule valeur (et c’est immense !)
est d’exister et de faire exister un paysage dans sa
diversité et dans son évolution. La destruction d’un
maillon de la chaîne remet inévitablement en cause
l’équilibre général.
Les pratiques agricoles irresponsables détruisent
invisiblement et irrémédiablement cet équilibre...
donc le paysage.
On pourra dire que le biodiversité est un miroir de nos
relations avec les autres espèces vivantes.
Avena niveriensis :
Structure bois en Pin
Toile en coton
Structure gonflable en PVC
Collaboration technique bois : Jean Yves Legrand
Teinture : Association de réinsertion de Marigny (APIAS)
Diamètre : 560 cm. Hauteur : 380 cm.
Les Territoires Occupés - Metalovoice
parcelle exploitée par Eric Gomes, appartenant à Sylvie
Milord
juillet 2007 - septembre 2008
Démarche
Depuis 1980, début de mon travail professionnel, je
réalise des interventions ou installations éphémères par
choix.
L’idée de l’éphémère et du vivant est une constante dans
mon travail. « L’œuvre » que je réalise est vivante dans
le sens ou elle réalise un cycle : naissance, vie et
mort.
* La naissance : est la conception du projet et la mise
en œuvre,
* La vie : est l’évolution de l’œuvre au travers de
plantes vivantes, et de sa rencontre avec la population
* La mort : est la fin de l’œuvre, la pourriture des
matériaux naturels utilisés, qui retournent à la nature,
d’où ils viennent.
Depuis 1990 je m’intéresse aux plantes sauvages. En
autodidacte j’ai appris la reconnaissance des fleurs
poussant spontanément aussi bien en milieu urbain qu’en
milieu rural.
Aujourd’hui mon travail s’oriente de plus en plus vers
une défense de la biodiversité. Mes projets, outre le
coté esthétique de « l’artiste », veulent informer le
public (comme une sonnette d’alarme, et non comme
donneur de leçon) de l’urgence qu’il y a à préserver,
sauvegarder ce patrimoine inestimable qu’est la
biodiversité.
Mon travail est toujours pensé en fonction d’un
environnement géographique, social et culturel
spécifique,
Il est évident que l’impact psychologique et politique
(au sens le plus large du terme) sur les gens, et l’état
d’esprit dans lequel ils se trouvent en abordant mon
installation est totalement différent si, elle se trouve
dans une rue, sur une place, ou dans un bois, une
campagne. Le fait que la personne tourne le coin d’une
rue et découvre ma « sculpture », ou qu’elle aille de
son plein gré dans la campagne pour voir mon travail,
influence forcément l’état d’esprit dans lequel cet
environnement sera abordé, reçu ou rejeté, accepté ou
ignoré.
Chaque installation est un outil de recherche, un lieu
de rencontre avec des volumes débouchant sur une
quatrième dimension : l’espace-temps, concrétisé par la
transformation de l’installation du aux semis. Ce qui
induit une mutation de notre manière de reconnaître,
d’appréhender le paysage au travers d’un apprentissage
par l’expérience des trois dimensions de « l’espace
support ».
François Fréchet
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