« TOUJOURS LA VIE INVENTE »Carte blanche à GILLES CLÉMENT – Exposition au Prieuré de Saint-Benoît-du-Sault du 9 juillet au 29 septembre 2013. 30 ans de réflexions et de créations avec la Nature.

« La vie invente dans le volume clos de la biosphère, c’est-à-dire dans un espace fini. La finitude spatiale et biologique nous amène à envisager un autre modèle d’occupation et d’usage de l’espace que celui que nous pratiquons. D’où la nécessité d’un nouveau modèle économique où la re-localisation des échanges matériels et le recyclage de tout objet issu de l’artifice humain créent les règles et les usages d’une société nouvelle.Replacer dans l’environnement l’énergie qu’on lui prend (sans que celle-ci ait perdu sa qualité) devient un art de vivre dont l’Alternative ambiante (1) donne les pistes. » GILLES CLÉMENT

Dans le cadre prestigieux du Prieuré de Saint-Benoît-du-Sault, dont l’origine remonte au xe siècle, une carte blanche a été confiée à Gilles Clément par l’association de communautés des communes (Marche Occitane, Val d’Anglin, Argenton-sur-Creuse, Éguzon, Parc National Régional de la Brenne), et la Maison de l’Architecture du Centre pour une rétrospective de son oeuvre. Le commissariat de l’exposition a été confié à Elke Mittmann, directrice de la Maison de l’Architecture du Centre en collaboration avec Gilles Clément. La scénographie a été réalisée par Christophe Moreau et le graphisme par Mahaut Clément.Le paysagiste a souhaité faire partager la singularité d’un métier qui doit prendre en compte la transformation de l’espace dans la durée, sous l’action du vivant, lequel agit en toute liberté et en toute inventivité ; d’où le titre qu’il a donné à cet événement : Toujours la vie invente. L’exposition s’articulera autour des trois concepts-clés de ses recherches : le Jardin en mouvement, le Jardin planétaire et le Tiers-paysage. Elle s’enrichira de l’univers plus intime du paysagiste, carnets de voyages ou cabinet de curiosités.

« Le principe de carte blanche tel qu’il m’a été donné offre la possibilité de faire apparaître les différentes facettes d’un métier que je qualifie de jardinier à travers sa complexité technique,sa médiation et sa nécessaire pédagogie, mais aussi à travers sa dimension conceptuelle et artistique en relation avec les préoccupations de notre temps qui lient étroitement l’écologie, l’économie et la société. » GILLES CLÉMENT

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UNE PHILOSOPHIE EXPÉRIMENTALE DU PAYSAGE

L’exposition se réfère à l’imprédictible, le caractère aléatoire de l’évolution du jardin qui est à l’origine des théories du paysage développées par Gilles Clément.Le Jardin en mouvement, révélé par la pratique du jardinage (tout en la redéfinissant), désigne une manière d’accompagner et d’orienter la libre croissance des plantes en usant notamment de l’observation attentive de son comportement naturel. Le Jardin planétaire offre une « perception de la diversité naturelle et culturelle à travers les voyages », renvoyant à l’idée d’une planète Terre comparable à l’espace clos du jardin qui réclame, de fait, les mêmes attentions par l’Homme-jardinier. Le Tiers-paysage enfin, révèle la richesse des espaces négligés ou inexploités par une « analyse paysagère privilégiant leur biodiversité et non leur seule forme ».Si ces trois concepts sont issus et nourris par des approches expérimentales du jardin, ils revêtent une dimension politique du fait de leur rapport direct avec des questions de société contemporaines : « le renversement des modèles économiques, la conscience accrue des impératifs écologiques et celle, plus aiguë encore, de la finitude spatiale sur notre planète ».

SAINT-BENOIT DU SAULT

L’exposition Toujours la vie invente est installée au coeur du Prieuré de Saint-Benoît-du-Sault. Cette abbaye fondée au xe siècle est un vaste ensemble architectural des xvie et xviiie siècles. Édifié sur un éperon rocheux, le Prieuré est aujourd’hui entouré de jardins en terrasses dominant un plan d’eau et d’une petite rivière qui l’enserre. Il constitue la proue – orientée vers le sud – d’un village médiéval classé parmi les Plus Beaux Villages de France. Le village de Saint-Benoît-du-Sault est une petite commune de l’Indre de moins de mille habitants. Outre son patrimoine remarquable, il accueille depuis toujours des grands créateurs de toutes les disciplines. À l’initiative de Jean Chatelut, maire du village de 1977 à 2001, de grands artistes – photographes, architectes, paysagistes – de renoms ont été invités à y exposer et travailler. Ainsi en 1991 et 1993, le village accueille les expositions des photographes Willy Ronis et René-Jacques. Willy Ronis, sous le charme du lieu, lui consacrera même par la suite un livre. Par ailleurs, le collège, une gendarmerie et plusieurs logements sont signés de l’architecte Paul Chemetov. Son confrère Jacques Ripault concevra la salle de spectacle. La première intervention de Gilles Clément a lieu en 1994 lorsqu’il aménage un espace de plantations en mouvement pour relier les quartiers ancien et moderne du village. C’est donc naturellement que l’exposition carte blanche lui est aujourd’hui consacrée.

Prieuré de Saint-Benoît du Sault, Indre – Entrée libre

Horaires | Tous les jours à partir du 9 juillet au 29 septembre 2013, de 15h à 19h

Mairie de Saint-Benoît-du-Sault 02 54 47 51 44 saint.benoit.du.sault(at)wanadoo.fr

Accès A20 (sortie n°20) – Gare d’Argenton sur Creuse ou La Souterraine

(1) Gilles Clément, Alternative ambiante,
publié dans Carnets du paysage consacré à l’écologie, Vol. N° 20