Un artiste :

François ABELANET – Bazoches sur Guyonne, Yvelines– FRANCE

www.francois-abelanet.com

Une oeuvre :

L’anamorphose métamorphose les jardins 2009 – parc du château de Saint-Germain-en-Laye, Yvelines – FRANCE

Démarche :

Coup de coeur du mois de juin 2009

Le Parc du Château de Saint Germain en Laye mis en relief

Marcher sur une oeuvre, s’allonger sur l’art … Tout cela, les promeneurs du Parc du Château de Saint Germain en Laye pourront le faire du le 28 mai au 10 juillet 2009 ! Parfois sans le savoir, comme M. Jourdain. Parfois en en devenant les acteurs plus que les spectateurs.

Au coeur du projet « Espace en espace », un immense quadrillage en anamorphose qui, par la magie de la perspective offrira ses illusions aux passants curieux. Et c’est un peu du Le Nôtre créateur de la terrasse de Saint Germain qui renaîtra….

Matière première : de l’herbe, des millions de brins d’herbe, la pelouse du parc de Saint Germain. Verte bien sûr, mais pas du même vert partout. Grâce à l’utilisation de matières organiques riche en azote favorisant la formation de chlorophylle, certaines parties seront plus foncées que d’autres : ici un vert plus dense, là un vert plus clair. Au total un immense dessin en 3D qui prendra tout son relief à partir d’un point précis, défini par l’initiateur du projet, François Abélanet.

Le Nôtre en aurait des frissons. Peut être …

But de l’opération ? Rendre hommage à André Le Nôtre, maître es perspectives, qui voici quelques décennies conçut la terrasse de St Germain en spécialiste du trompe l’oeil qu’il était : « malgré son apparente simplicité, la terrasse de St Germain fait exception ; lorsqu’on marche vers le rond-point final on à l’impression d’avoir fait la moitié du chemin alors qu’on en a parcouru à peine le tiers !

Cela est dû à la légère pente presque invisible qui remonte légèrement du milieu vers l’extrémité. L’inclinaison en V non proportionnelle sert de trompe l’oeil » explique à ce sujet un historien expert en jardins.

Mais le rappel à l’histoire n’est pas tout ! François Abelanet veut aussi étonner, renforcer notre capacité à nous émerveiller, amener le promeneur à se questionner: le réel est-il bien là où on l’attend ? Où commence l’illusion ? Voyons-nous tous les mêmes choses ? «J’aime le fait de ne pas maîtriser totalement le résultat et d’avoir peut-être des surprises. J’aime aussi l’idée que la nature

va prendre son temps et que mon dessin va se révéler petit à petit sous le regard des visiteurs» confie le créateur.

Hors cadre, le dessin ne sera qu’un assemblage de tracés géométriques. Mais depuis le point d’observation méticuleusement (et mathématiquement) défini, il laissera apparaître une forme cubique aussi étonnante que facile à identifier …et à photographier. Yann Arthus Bertrand ne s’y est pas trompé, lui qui immortalisera l’oeuvre avant que la trace éphémère ne meurt de sa belle mort, naturellement, en fin d’été.

L’art des jardins, si complexe qu’il offre des perspectives inépuisables….

Grâce au geste de l’artiste et au savoir faire des jardiniers du Domaine National de Saint Germain en Laye le jardin devient ainsi un endroit propice à l’expérimental, un espace où le paysage peut s’exprimer créativement pour inventer de nouvelles formes, de nouveaux horizons. Après les « jardins sauvages » où les herbes folles avaient droit de cité, voici le jardin 3D qui donne l’illusion du relief et dérange les certitudes les plus ancrées.

Lieu de nouveaux territoires à inventer, le Parc du Château de Saint Germain montre qu’il n’est pas à l’écart des phénomènes du monde. Et le promeneur d’y trouver une séduction inattendue, un engouement nouveau. A lui de jouer avec ses carrés, de pique niquer sur ses lignes de fuites, de courir entre ses diagonales…